Chapitre 5

 

Maiscèkikafaiça

C’est la question que tout le monde se posait en ville et plus particulièrement les inspecteurs Bartolo et Bioncardin (BB pour les intimes). La fine fleur de la police balicoise n’avait pas tardé à commencer son enquête. C’est la raison pour laquelle nos deux limiers s’étaient attablés à la terrasse de l’établissement tenu par Miss Poppins. Rappelons en effet, pour ceux qui ne les connaitraient pas qu’ils avaient pour habitude de n’enquêter que dans les bistrots, cafés, bars…bref dans tout lieu disposant d’un comptoir, d’alcool et de clients légèrement imbibés susceptibles de leur livrer des renseignements. On dira ce qu’on dira mais cette méthode avait fait ses preuves et nos deux flics avaient un taux de réussite qu’auraient pu leur envier Sherlock Holmes et Jules Maigret réunis.

 Pour l’heure, ils se perdaient en conjectures. C’était plus fort que de jouer au pilou (jeu plus pratiqué à Balico que le bouchon) !! Comment avait-on pu enlever en une nuit un engin de plus d’une tonne sans que personne s’en aperçoive, sans que l’on ait remarqué un quelconque véhicule de levage et ce, malgré le caractère particulièrement pentu et tortueux du chemin d’accès? Les enquêtes de terrain n’avaient rien donné. On avait interrogé tout le voisinage. On était en face d’une énigme digne des meilleurs romans d’Agatha Christie.

 

 L’heure du repas approchant, nos deux super flics décidèrent de quitter rapidement l’établissement de Miss Poppins avant que celle-ci ne leur propose le menu du jour. Les qualités culinaires toutes britanniques de cette dernière faisaient en effet craindre le pire. C’est pourquoi, Bioncardin et Bartolo préférèrent se réfugier dans des lieux gastronomiques moins dangereux. Leur choix se porta sur le café “Lou Tchoucatoun“ dont les petits farcis et les beignets de fleurs de courgettes faisaient la renommée. Ils hâtèrent donc le pas pour bénéficier de la meilleure table mais à leur grand désappointement, ils furent bloqués à quelques mètres de l’entrée par un attroupement. Une foule hilare se pressait effectivement devant le restaurant à l’entrée duquel, Louis Bestia, propriétaire des lieux, hirsute et rouge comme une pivoine, donnait de grands coups de balais par terre. Il hurlait  «cassez vous bande de connards» et plus il criait et tapait, plus la foule amassée se tordait de rire. De l’intérieur du café s’échappaient quelques plumes. On entendait des bruits de bouteilles qui se cassaient. Puis apparut un pigeon qui échappa de justesse au balai vengeur du patron qui lui adressa une insulte que l’on ne peut rapporter ici.

 

 Interloqués par cet événement BB interrogèrent quelques badauds qui étaient estrassés de rire (expression purement balicoise). La raison de ce tumulte tenait dans un canular. Des commerçants du quartier, connaissant l’avidité particulière de Bestia, lui avaient fait croire que la mairie, devant la recrudescence des pigeons, récompensait les personnes qui réussissaient à les attraper vivants. La récompense s’élevait à 20€ par bestiau capturé. L’adjoint Rémènta, familier de l’endroit s’était fait le complice de cette blague. Il avait même précisé que la capture devait impérativement s’effectuer le 31 mars. Cette date correspondait, d’après des scientifiques proches du célèbre professeur Raoul, au jour de meilleure reproduction.

 

 En conséquences et dès le matin du jour dit (la veille du premier avril !!), Bestia interdit l’accès à son établissement à tous ses clients en disposant des chaises formant une allée débouchant sur l’entrée. Dans cette allée, il avait éparpillé des graines jusqu’à l’intérieur où, armé de paniers en osier et dissimulé derrière son bar, il s’apprêtait à capturer les volatiles.  C’est ainsi qu’une dizaine de pigeons s’invitèrent au Tchoucatoun en fin de matinée. Bestia bondit… mais rata son coup, provoquant la dispersion des rats volants. Ceux-ci s’éparpillèrent alors dans tout le restaurant, s’accrochant à tout ce qui était à leur portée, verres, assiettes, tasses, bouteilles. Cette panique pigeonniere s’accompagna de nombreuses déjections sur lesquelles Bestia ne manqua pas de glisser…et de tomber. Ce qui ne manqua pas de réjouir la populace rassemblée. La casse, on s’en doute fut importante et de guerre lasse, le patron dû se rendre à l’évidence et chasser les intrus ailés et gloussants qui, ceux-ci, ne l’entendant pas de cette oreille (normal vous me direz), s’égaillèrent de plus belle. C’est ainsi, qu’armé d’un balai, il tentait maintenant de les chasser.

 

 Apercevant Bartolo et Bioncardin, Bestia les héla :

– Hé, vous les poulets.  Faites quelque chose.  Entre volailles vous pouvez vous entendre.

 

Préférant ignorer l’outrage, les deux policiers firent demi tour et se lancèrent à la recherche d’un autre estaminet susceptible de calmer la faim qui les tenaillait.

4 Commentaires

  1. JMB

    M’est avis, comme dirait un autre inspecteur B, déjà évoqué, que les 2 inspecteurs B auraient dû déjeuner chez Miss POPPINS, car elle avait préparé un chicken pie, so british !!

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    • Bubu

      Cher JMB, comme je connais bien Miss Poppins, je vais lui demander de cuisiner ce plat qui paraît délicieux…. et tu le mangeras lorsque tu te rendras dans son auberge 😉😊

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  2. Moutin

    Que te dire ? sinon que j’adore! Quant à Miss Popins elle cuisine bien j’en suis témoin! bisous doux

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    • Bubu

      🤦🏻‍♂️ pff, même pas vrai. On voit que tu ne manges pas toujours chez moi 🥴. Gros gros bisous 😘😘😘

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