Chapitre 3

 

Panique en ville

En ville ce silence avait fait grand bruit. On ne parlait que de ça. La disparition du canon avait fait souffler un vent de panique sur la cité. On s’étonnait, on s’interrogeait, on s’inquiétait. Qui avait pu commettre une telle infamie et comment les voleurs (car ils étaient obligatoirement plusieurs) avaient-ils fait pour réaliser leur méfait sans que personne s’en aperçoive ? Une autre question se posait. Comment allait on régler sa montre, son horloge ? Depuis plus d’un siècle on avait pris l’habitude d’attendre le canon de midi pour s’assurer du bon fonctionnement de sa montre gousset.

 Bien plus, toute la vie des Balicois était rythmée par la détonation méridienne. On était à la plage à ce moment là? On savait qu’il était l’heure du pan-bagnat. En ville, elle annonçait l’apéritif et permettait à tout un chacun de se diriger vers le bar ou le restaurant le plus proche. Dans les bureaux, les secrétaires cessaient leur travail et malheur à l’employeur qui osait commencer une dictée à ce moment là. Au tribunal, les plaidoiries étaient immédiatement interrompues, on fixait alors la reprise des débats aux alentours de 14h. Dans les établissements scolaires, à l’université, les élèves se ruaient vers la sortie sans attendre la sonnerie car à Balico, seule l’explosion produite par l’artillerie collinaire faisait foi.

 On l’aura compris, le canon de midi était ici une institution et son vol constituait non pas un délit mais un véritable crime qu’il convenait de punir avec la plus grande sévérité. Pour les habitants, le châtiment devait être exemplaire. Certains réclamaient même le rétablissement de la peine de mort. La commune était en ébullition et il convenait donc que la justice frappe vite et fort.

 La justice fut saisie. Et pas qu’un peu ! Des centaines de Balicois portèrent plainte. De multiples associations virent le jour dans le but de se constituer partie civile et d’obtenir non seulement la lourde condamnation de ceux qu’elles qualifiaient de criminels mais également d’être indemnisées d’un préjudice qu’elles estimaient… inestimable ! Du côté de la mairie, bien évidemment, on n’était pas en reste. Le nouveau maire, M.Rapias, convoqua un conseil municipal extraordinaire afin d’être autorisé à ester en justice et demander réparation.

 

 Cette délibération fut votée à l’unanimité et provoqua une union sacrée entre les différents groupes composant l’Assemblée. Après une Marseillaise vibrante, les conseillers quittèrent la salle non sans avoir prévu de remplacer temporairement le canon par un tir de mortier car il était essentiel de permettre aux habitants de continuer de bénéficier de la détonation libératrice. Que l’on se rassure, le mortier en question n’était pas un engin de guerre mais un simple dispositif pyrotechnique qui permettait de tirer un marron d’air. Ce qui rajoutait à la déflagration journalière un bouquet d’artifice du plus bel effet.

 

 À la suite de ses diverses plaintes, la police débuta son enquête. Le dossier étant brûlant, on le confia au commissaire Léboulon qui a son tour, désigna ses deux plus fins limiers pour mener cette délicate mission. C’est ainsi que les célèbres inspecteurs Bartolo et Bioncardin se lancèrent sur la piste de ceux qui avaient commis l’ignoble larcin.

 

 Mais ils n’étaient pas les seuls à s’intéresser à l’affaire qui secouait le Landerneau balicois, d’autres personnages très curieux et bizarres semblaient porter un intérêt particulier à la disparition du canon….

2 Commentaires

  1. Bribri

    La police dotée d’inspecteurs particulièrement chevronnés (dont un peu chevelu) devrait rapidement résoudre cette affaire …

    Réponse
    • Bubu

      Surtout que l’un d’entre-eux a suivi une formation de maître chien 🐕😂😂

      Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Oncle-bubu 2021 - Panique à Balico-sur-mer - Designed by Stratos Consulting 🚀 with all our 💓