Chapitre 11

 

La stèle

En sortant de l’estaminet, Bartolo et Bioncardin prirent leur décision. Cette histoire d’enterrement n’était pas claire et il convenait d’orienter leurs recherches sur ce point plus précisément. C’est Bioncardin qui eut l’idée de demander aux services municipaux l’identité de la personne qui avait été inhumée ce fameux soir. Dans la foulée, ils appelèrent donc M. Destapa, le directeur général des services de la mairie. Celui-ci se montra très heureux de les renseigner car il avait eu l’occasion d’apprécier leur humanité lors d’une précédente affaire.

 Destapa fut formel. Il n’y avait pas eu d’inhumation à 19 heures, la veille du vol. Et pour cause ! Le cimetière ferme chaque soir à 17 heures et le gardien est chargé de faire respecter strictement cet horaire. De plus, le directeur, après les avoir abreuvés de nombreux textes législatifs et réglementaires, leur expliqua qu’il était impossible qu’un enterrement ait eu lieu le jour indiqué. Il ressortait de ses explications que la mairie aurait dû être informée de la fermeture de l’éventuel cercueil, de la levée du corps, de l’ouverture du caveau, etc. Il était formel. Aucune de ces sympathiques procédures n’avait été mise en œuvre.

 Cette information venait apporter un élément déterminant dans leur enquête car il apparaissait maintenant que Ficanasse n’était pas aussi innocent qu’il paraissait. Dès lors nos deux limiers réorientèrent leurs investigations. Pour commencer, ils téléphonèrent à la société Mountacala, propriétaire de la grue entreposée dans le jardin de la maison de Monsieur Alphonse. La secrétaire leur confirma que la location de l’engin était payée (250€/jour) par une association dont elle donna l’adresse. Celle-ci réunissait des philosophes les premier et troisième jeudi du mois.

 Monsieur Alphonse philosophe !!!Celle-là, ils ne s’y attendaient pas.

– De toi à moi, dit Bartolo, il a dû leur rendre un sacré service aux frangins pour qu’ils assument une telle location. Je suis d’avis qu’on aille faire un tour au cimetière. On aura peut-être un début de réponse.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Ils arrivèrent sur les lieux en prenant soin de se garer de façon à ne pas être vu par le gardien. Ils approchèrent prudemment et eurent la bonne surprise de constater que la couronne mortuaire était en bonne place. Monsieur Alphonse assurait son service et des gémissements en provenance de son logis en apportaient la preuve. Ils pouvaient donc arpenter les allées du cimetière sans crainte. Ce qu’ils firent pendant une bonne heure sans qu’ils ne remarquent rien de particulier. Ce n’est qu’en arrivant au bout d’une allée qui se terminait par un mur jouxtant le jardin de Ficanasse qu’ils virent qu’une très grande tombe venait d’être fraîchement installée. Au bout d’une pierre tombale assez sobre se trouvait une stèle sur laquelle était gravée la mention :

LES CÉNOBITES

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