Chapitre 10

 

L’enterrement de la belle-mère

Nos deux amis en restèrent comme deux ronds de flan. Bien que cette information ne fasse absolument pas progresser leur enquête, ils n’imaginaient pas que Ficanasse soit apparenté de près ou de loin à la franc-maçonnerie ! L’idée qu’ils se faisaient des membres de cette confrérie ne collait pas au personnage d’Alphonse. Pour eux, les francs-maçons étaient des intellos ou des notables appartenant à une classe élitiste. Rien à voir avec un gardien de cimetière !! De plus, nos deux flics voyaient dans ce mouvement une sorte de secte dont les adeptes se rendaient des services entre eux au détriment, bien souvent, du respect des lois. Ils voyaient mal ce que Ficanasse aurait pu rendre comme service à une telle confrérie. Les fils de la veuve, comme on prétendait qu’ils se nommaient, n’avaient sûrement que faire d’un petit employé municipal… Enfin, c’était leur avis. En tout cas, on ne pouvait pas reprocher à Alphonse de faire partie de ce genre d’association. C’était tout à fait légal et c’était son droit.

 

Ils arrêtèrent là leur discussion car bien qu’intéressante, elle les éloignait de leur affaire et ils avaient conscience qu’ils pataugeaient lamentablement. C’est la raison pour laquelle, ils décidèrent de reprendre leurs investigations au début et de vérifier que leurs collègues n’avaient rien oublié lors de l’enquête de voisinage. Ça ferait sûrement jaser dans la maison poulaga mais ils étaient obligés d’en passer par là. C’est pourquoi ils se rendirent au café “Beccamouarté“ qui se trouvait au bas de la rue qui menait au cimetière du même nom.

 

L’établissement était tenu par un homme de forte corpulence, aviné dès l’aube et d’une humeur exécrable. Il avait, en son temps, été propriétaire d’un stand de tir où il avait eu la riche idée d’y installer un bistrot. La consommation d’alcool n’étant pas la meilleure des compagnies des détenteurs d’armes à feu, on eut à déplorer des événements fâcheux. C’est ainsi qu’à l’occasion d’un concours de tir organisé après un banquet fort arrosé, il se murmurait que des incidents d’une certaine gravité s’étaient produits. On n’en connaissait pas l’importance. Ce que l’on sait c’est que l’on étouffa l’affaire en haut lieu (le préfet, le maire et un commandant de gendarmerie étaient adhérents du club et participaient au concours) mais on dû lui retirer sa licence… et depuis il tenait un bar !

 À l’intérieur quelques tables étaient occupées. Une demie douzaine d’hommes étaient accoudés au bar. À l’arrivée des deux inspecteurs, trois clients quittèrent précipitamment la salle.

– C’est bien fréquenté ici, fit remarquer Bartolo.

– Avant que vous arriviez, ça l’était, rétorqua le patron.

Le ton était donné. L’ambiance était pesante.

– Vous servez à boire ?

– Quand on me le demande, oui.

– Alors, donnez-nous deux momies.

– On donne rien ici, on vend, rétorqua vertement la patronne assise derrière sa caisse enregistreuse.

 

 À l’évidence, les deux hommes n’étaient pas les bienvenus. Malgré tout, ils tentèrent de poser des questions pour vérifier que personne n’avait rien remarqué de particulier dans la nuit ayant précédé le vol. Le patron interrogé se contenta de répondre :

– On n’est pas des fonctionnaires, quand on bosse on ne regarde pas par la fenêtre.

Cette réponse provoqua quelques rires contenus parmi les clients. L’un d’eux, s’adressa à ses collègues :

– On leur dit quand même pour l’enterrement de la belle-mère ?

 

 Devant l’étonnement des policiers, celui qui avait pris la parole s’approcha en chancelant. En ponctuant son récit d’éructations mal contenues, il leur raconta que la veille au soir du crime, sur le coup des 19 heures, un convoi funéraire était monté au cimetière. Vingt minutes après, le corbillard était redescendu avec la plupart des voitures. Et c’est là que ça devenait rigolo (d’après lui) car une bonne heure plus tard, une dizaine d’hommes en costumes cravates sont redescendus en riant. A l’évidence, ils venaient surement d’enterrer la belle mère de l’un d’entre eux. Il en était certain car lui, il n’avait jamais autant ri que le jour des funérailles de sa belle doche. C’était d’une logique implacable visiblement partagée par ses compagnons de beuverie.

 

Sur cette déclaration qui n’admettait aucune contradiction, Bartolo et Bioncardin réglèrent leur addition et décidèrent de s’en aller car ils estimaient avoir assez entendu d’âneries pour la soirée. En partant nos deux amis se regardèrent d’un air entendu car ils pensaient à la même chose.

4 Commentaires

  1. JMB

    Mais, où nous amènes-tu, Oncle BUBU ?

    Même mon fidèle limier de JEF se gratte la tête … Wouaf ! Bon ! on goûtera le Malt de Miss POPPINS !

    Les Cénobites qui paient la grue et une belle-mère si peu regrettée !!!

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    • Bubu

      Le suspense est insoutenable 😂😂

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  2. Bribri

    Ça se corse …

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  3. Bubu

    😂😂👍👍

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