Panique à Balico-sur-mer

La petite ville a retrouvé son calme mais un événement aussi inattendu que soudain va provoquer un mouvement de panique à Balico sur Mer. Oncle Bubu vous invite à vous plonger à nouveau dans l’univers si particulier de ce petit paradis méditerranéen.

Chapitre 1 – Le Calme

 Le calme était revenu sur la petite ville balnéaire de Balico sur Mer. Elle en avait bien besoin après les événements qui l’avaient fait trembler. Rappelons en effet qu’on avait retrouvé le Député Maire attaché à un arbre, nu comme un ver. Pour parfaire le tableau on l’avait recouvert de peinture, de plumes et on avait peint ses organes génitaux. On avait d’abord cru à un attentat mais après avoir entendu la victime et procédé à une enquête des plus sérieuses, la police avait conclu qu’il s’agissait d’un jeu sexuel qui avait mal tourné. Cette conclusion était d’ailleurs confirmée par la version de la victime elle-même puisque le maire, Richard Strapacalzetti, avait retiré sa plainte. Des mauvaises langues prétendaient pour autant que la réalité était toute autre. Il se disait en ville qu’un complot ourdi par une partie des élus municipaux ne serait pas étrangère à cette malheureuse affaire.

 Quoi qu’il en soit, les Balicois voulaient oublier cette histoire qui avait terni une fois de plus leur réputation. La vie avait donc repris son cours et avec elle l’activité municipale. Strapacalzetti ayant démissionné à la suite de cette lamentable affaire, on avait procédé à l’élection du nouveau maire. Sans surprise et à l’unanimité, c’est l’ancien adjoint aux finances Rapias qui avait été désigné par ses pairs. Pour pallier l’absence provoquée par cette démission, un nouvel élu fit son entrée dans les rangs de la majorité municipale en la personne de M. Rémènta, chiffonnier de son état. Le nouveau maire souhaitait avant tout calmer les esprits qui avaient été échauffés par les actions en justice initiées par son prédécesseur. Le procureur lui apporta involontairement son soutien en classant l’affaire concernant le directeur général des services. Les faits remontant à plusieurs années, ils étaient prescrits et ne pouvaient plus faire l’objet de poursuites. C’est avec un grand soulagement que l’intéressé et la plupart des habitants apprirent la nouvelle.

 Restait à régler la plainte dirigée à l’encontre d’Antoine Sclapabua qui, semble-t-il, s’était rendu coupable de nombreux délits d’initié en sa qualité d’ancien adjoint à l’urbanisme sous plusieurs mandats. Devenu maire, il n’avait pas cessé ses agissements frauduleux. On lui reprochait notamment d’avoir délivré des permis de construire illégaux à des groupes immobiliers en contrepartie d’avantages en nature.  Qui plus est, les terrains vendus par son agence immobilière avaient souvent bénéficié d’une constructibilité  miraculeusement accordée par le plan d’urbanisme.

 Autant de suspicions qui avaient conduit son successeur à intenter une action en justice. Certes, l’une des premières délibérations du conseil municipal avait consisté à retirer la plainte de la commune dirigée à l’encontre d’Antoine. Pour autant, ce retrait n’avait pas d’effet sur l’action publique qui était engagée et que seul le parquet pouvait arrêter. C’est alors qu’un  événement inattendu laissa entrevoir  un début de solution.

 Un déluge s’était abattu sur la ville et son arrière pays provoquant une crue sans précédent du fleuve bordant les quartiers ouest.  L’aréoport (c’est ainsi que l’on désigne l’aéroport en balicois) fut enseveli par les flots, des digues emportées, des ponts arrachés, des maisons détruites. Bref, c’est un paysage cataclysmique qui s’imposa aux yeux de tous. Bon nombre d’édifices publics n’échappèrent pas au désastre. Or, parmi ces derniers figuraient les archives municipales et départementales dans lesquelles se trouvaient la plupart des dossiers compromettants concernant Antoine. Une véritable aubaine pour ce dernier … et un mauvais coup du sort pour les enquêteurs qui ne pouvaient plus mettre la main sur les preuves nécessaires à démontrer sa culpabilité.

 On ne pouvait d’ailleurs que s’étonner du nombre de dossiers stockés dans ces bâtiments d’archives. Croyez le ou non, à partir de cette inondation, dès que l’on se mettait en quête d’un dossier sensible, on s’apercevait que celui-ci avait été archivé peu de temps avant la catastrophe… et qu’il avait été bien évidement emporté par les flots. C’est ainsi que bon nombre d’affaires judiciaires furent classées sans suite faute de réunir les éléments susceptibles d’éclairer les magistrats en charge des dossiers. Ce “drame“ administratif eut au moins le mérite de soulager les consciences de nombreux Balicois et de certains élus.

 C’est ainsi que dans ce naufrage, disparut l’arrêté prononçant la fermeture administrative du salon de massage tenu par l’adjointe Josiane Diavola. Salon exclusivement destiné à la gent masculine qui venait y goûter le bonheur qu’offrait le “palpé roulé“, spécialité de l’endroit exécuté avec habileté par des masseuses très expérimentées. Cette opportune disparition rassura également Antoine puisqu’il était l’associé de Josiane dans la SCI propriétaire des murs de ce charmant commerce. Elle eut en outre pour effet de réconcilier les deux anciens amants qui s’étaient séparés en raison de leurs divergences qui étaient apparues lors de la dernière campagne électorale.

 En ce qui concerne justement la vie municipale, les choses étaient rentrées dans l’ordre. Les adjoints avaient conservé les délégations qui étaient les leurs avant la démission de Strapacalzetti. À noter tout de même que le docteur Sergio Miskina avait été nommé adjoint à la santé (poste qu’il convoitait depuis son entrée au Conseil) et que le nouvel arrivant, M. Rémènta avait été chargé du ramassage des ordures ménagères.

 Tout allait donc pour le mieux jusqu’au jour où un silence aussi inattendu qu’effrayant plongea la ville et ses habitants dans la stupeur et la colère.

à propos de l’auteur

Richard Burlett dit Bubu le poulpe

L’auteur est né au siècle dernier, dans une ville qualifiée d’espagnole par Victor Hugo.

Il est actuellement en confinement sur la Riviera française après avoir effectué une carrière de tourneur-fraiseur, commis de restaurant, liftier, pompiste, gardien de nuit, agent de bureau, etc.

Ces métiers l’ont conduit tout naturellement à enseigner le droit à l’université et à exercer la profession d’avocat.

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